Psychologie de l'enfant à l'adulte
  
  

L’addiction, ou dépendance, est, au sens phénoménologique, une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire. Le sujet se livre à son addiction (par exemples : utilisation d’une drogue, ou participation à un jeu d’argent), malgré la conscience aiguë qu’il a — le plus souvent — d’abus et de perte de sa liberté d’action, ou de leur éventualité.

L’anglicisme addiction est au sens courant souvent synonyme de toxicomanie et désigne tout attachement nocif à une substance ou à une activité. Le terme d’assuétude, également noté bien que peu utilisé, a un sens similaire sans toutefois être aussi négatif (assuétude au chocolat mais dépendance à la cocaïne).

Les problèmes engendrés par une addiction peuvent être d’ordre physique, psychologique, relationnel, familial et social. La dégradation progressive et continue à tous ces niveaux rend souvent le retour à une vie libre de plus en plus problématique.

En psychanalyse, le terme d’addiction est utilisé de manière plus large dans la mesure où il relève plus d’une attitude intrapsychique, d’un mécanisme, plutôt que des moyens pour y satisfaire. Des mécanismes parallèles peuvent intervenir dans les déterminants comme celui d’une anorexie mentale.

L’addiction se rapporte autant à des conduites telles que le jeu compulsif, la dépendance au jeu vidéo ou à Internet, les conduites à risques ou la pratique d’exercices sportifs inadaptés entraînant un syndrome de surentraînement qu’à la dépendance à des produits comme l’alcool, le tabac ou les psychotropes.

L’idée de dépendance sans drogue (ou addiction comportementale) si elle reste controversée, se développe avec l’évolution sociologique de la place des dépendances et des approches plus centrées sur les sujets que sur les produits;

Ainsi, outre la cyberdépendance, des conduites telles que l’anorexie ou la procrastination peuvent être assimilés à des conduites addictives.

Critères d’addiction

Ils sont nombreux et varient autant que les points de vue et références théoriques qui les sous-tendent. Mais la plupart d’entre eux sont construits sur le modèle dit « bio-psycho-social » qui renvoie aux aspects biologiques (potentiel addictogène du produit, éventuel antécédent génétique), aux aspects sociologiques (contexte, environnement familial, scolaire, etc.) et aux aspects psychologiques (personnalité du sujet).

Par exemple, et selon le modèle mécaniciste d’Aviel Goodman, psychiatre américain :

  • impossibilité de résister à l’impulsion de passage à l’acte ;
  • sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement ;
  • soulagement ou plaisir durant la période ;
  • perte de contrôle dès le début de la crise ;
  • présence d’au moins trois des sept critères suivants qui définissent la dépendance :
    • existence d’un syndrome de sevrage à l’arrêt (dépendance physique, non obligatoire),
    • durée des épisodes plus importants que souhaités à l’origine,
    • tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement,
    • temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre,
    • diminution du temps passé avec les autres,
    • poursuite du comportement malgré l’existence de problèmes psychologiques ou de santé,
    • tolérance marquée, c’est-à-dire besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité.

Exemples

Voici une liste non exhaustive des substances addictives :

  • Alcool éthylique ;
  • Amphétamines ;
  • Anxiolytiques ;
  • Cocaïne ;
  • Neuroleptiques ;
  • Opiacés ;
  • Somnifères ;
  • Tabac (aide à l’évaluation par le test de Fagerström).

À cela s’ajoutent les dépendances sans produit, ou dépendances comportementales :

  • les jeux vidéo ;
  • le jeu pathologique ;
  • l’achat compulsif (les troubles du comportement d’achat) ;
  • les troubles des conduites alimentaires (TCA), notamment l’anorexie ;
  • les dépendances affectives et l’addiction sexuelle ;
  • les paraphilies (perversions sexuelles)
  • la dépendance au travail, dite workaholisme ou ergomanie ;
  • la procrastination ;
  • les dérives sectaires.